


DEMARCHE
Artiste pluridisciplinaire, je conçois des pièces sonores, films et installations immersives à partir d’enregistrements sonores de terrain.
En collaboration avec des chercheureuses ou des acteurices locales, je sonde les milieux à l’écoute du vivant et de ses transformations anthropiques pour composer des environnements qui, par accumulations d’éléments, enchevêtrements ou cinétisme, invitent à en éprouver les interdépendances.
Ma pratique cherche à créer une poétique de la désorientation tissée de deux fils : interroger la cosmologie extractiviste qui réduit le réel à des ressources, occultant la profusion des formes de vie qui nous entourent, et explorer comment l'écoute prolongée d'un milieu transforme notre manière d'habiter le monde commun.
BIO
Iga Vandenhove (France, 1989) est une artiste sonore, plasticienne et cinéaste dont la pratique est ancrée dans le field recording. Sa relation sensible au monde trouve ses racines dans une enfance partagée entre les Hautes-Alpes et le littoral breton, nourrie par des origines états-uniennes, polonaises et des influences pieds-noirs qui ont très tôt aiguisé sa sensibilité aux altérités et aux milieux traversés. Apprendre à glaner, observer et écouter était une manière d'être au monde avant d'être une méthode artistique.
Après des études de graphisme, elle se forme à la réalisation documentaire à l'école de Lussas et à la création sonore à Phonurgia Nova. Lauréate du Prix Field Recording de Phonurgia Nova 2022 et diplômée des Beaux-Arts de Cergy (DNSEP avec félicitations du jury), elle mène une pratique de terrain qui l'amène des falaises de craie d'Étretat aux glaciers arctiques, de la forêt amazonienne aux côtes du Québec. Héritage érodé (2023), exposée aux Jardins d'Étretat, et Les voix du Madidi (2022), entrée dans la collection du Musée Réattu d'Arles, comptent parmi ses œuvres les plus reconnues, par ailleurs diffusées et relayées par des médias français et internationaux — Télérama, Beaux-Arts Magazine, France 3, et des médias boliviens.
Elle collabore régulièrement avec des chercheurs et institutions scientifiques — notamment le laboratoire PMMH du CNRS et l'ISMER-UQAR au Québec. Elle développe depuis 2025 un grand projet autour de la glace de mer dont le troisième volet l'amènera en 2026 sur le brise-glace Amundsen en arctique. En parallèle, son premier long-métrage documentaire Peau de forêt, est en production avec Avril Film.
Plus en détail
Après des études de graphisme, c’est au cours d’une formation en écriture et réalisation documentaire qu’elle réalise en 2015 son premier court-métrage, Les seigneurs, qui s’intéresse à l’attente d’adolescents migrants lors de la période d’instruction de leurs dossiers. Dans la continuité de ce documentaire, Les madeleines sonores (2016-2019), installation sonore née d’un travail avec de jeunes migrants, fait du médium sonore le vecteur d’expression d’une mémoire sensorielle, reliant prise de son et prise de parole. Curieuse de l’appropriation des moyens d’expression et d’une démocratisation culturelle active et activiste, elle réalise en 2020 pour la compagnie L'Île de la Tortue une série de podcasts autour des Clameuses, groupe de spectatrices de Clichy-sous-Bois autoproclamées critiques théâtrales. Iga Vandenhove travaille également à des projets de documentaires audiovisuels, dont Northern Avenue (en cours), tourné en Arménie, qui interroge la mémoire collective d’un lieu, en associant médium photographique et phonographique. Dans un autre projet, Echap, pièce sonore co-écrite avec Noémie Fargier et Vanessa Vudo, exclusivement réalisée à partir d'enregistrements de terrains captés de part le monde, navigue entre territoires réels et imaginaires, sondant les espaces de liberté possibles dans une société de plus en plus standardisée. Dans Les Voix du Madidi, une pièce sonore dans un parc naturel en Bolivie auprès de gardes-forestiers, il est question d'enchevêtrement des mondes animaux, humains et technologiques. Son film Peau de forêt en cours de réalisation en Amazonie bolivienne s'attache à comment l'extractivisme change le rapport des êtres humains aux autres vivants. Dans cette même idée, Héritage Erodé réalisée avec Isabel Judez est une installation plastique et sonore exposée dans les jardins d'Etretat qui, en représentant de manière cinétique la falaise d'aval par plus de 2500 morceaux de terrazzo marin, questionne la disparition des ressources naturelles utilisées et transformée par les humains. La dernière création en date, Marée montante (2025), installation immersive née d'une résidence sur la banquise du Saint-Laurent au Québec auprès de physiciens franco-québécois, met en relation par la chronophotographie l'ondulation des corps des scientifiques lors de leurs relevés de terrain et celle de la glace de mer qu'ils étudient — posant l'hypothèse que l'observation prolongée d'un milieu finit par en imprimer le rythme dans le corps même de celui qui l'étudie. Des milliers de silhouettes déposées sur du géotextile, un matériau à forte empreinte anthropique, et une expérience sonore à l'hydrophone au cœur de la glace composent un environnement immersif qui questionne la frontière entre sujet et objet de la connaissance.